
RIVHERSIDE – BLUES IN CLERMONT
Non, le blues n’est pas mort, car il bande encore ! Qu’on pardonne cette grivoiserie qui n’a d’autre but que de traduire un enthousiasme sincère pour une musique aux pieds solidement ancrés dans le delta du Mississippi, la tête dans le Cloud. Renaud Villet est informaticien à l’Université Clermont-Auvergne, mais c’est bien le virus du blues qu’il a contracté. À l’instar d’un Muddy Waters du XXIe siècle, armé d’une guitare et du logiciel Ableton Live, il écrit en anglais, compose, interprète et produit seul des chansons d’une authenticité folle. On est frappé d’entrée par les couleurs chaudes des guitares électriques, allant du Chicago blues au rock sans qu’on n’ait jamais l’impression d’un ersatz ni d’une redite. Puis vient la voix, traitée à l’ancienne avec l’écho en slapback, qui ajoute à la pertinence du son. Enfin, la boîte à rythmes, quelques scratchs et synthés çà et là qui donnent à l’ensemble une touche hip-hop électro subtile mais efficace. En 1974, Coluche faisait rire en accolant dans une chanson «blues» et «Clermont-Ferrand», Rivherside change la donne. Du grand art.


Tombé tout petit dans la marmite du blues, ce septuagénaire né dans le delta du mississippi a été révélé au public il y a moins de vingt ans. Une voix profonde, sans artifice, à découvrir d’urgence dans un nouvel album. Il y a fort à parier que vous n’avez jamais entendu parler de Boo Boo Davis. En effet, ce bluesman de 72 ans ne sachant ni lire ni écrire ne défraie pas la chronique. Et pourtant… Une voix pareille vous prend aux tripes et vous donne immédiatement le senti- ment que la musique a une âme. C’est exactement ce qu’a ressenti Jan Mittendorp il y a presque vingt ans. Jan est néerlandais, guitariste, passionné de blues et créateur du label Black & Tan Records, qui produit des artistes américains de blues très authentiques. Un jour de 1997, alors qu’il écoute un titre d’Arthur Williams où le batteur chante également, il est saisi par une voix profonde, directe et sans artifice qui se révèle être celle d’un certain Boo Boo Davis. Il entame alors des recherches et réussit à convaincre ce dernier de se tourner vers le chant et d’enregistrer sous son nom, ce qu’il n’avait jamais fait. C’est le début d’une belle aventure. S’ensuivront huit CD dont ce One Chord Blues est un florilège.
You must be logged in to post a comment.